Lettre d'Information du Plan Bleu - N°6 - Juillet-Août 2008

Numéro spécial « Tourisme durable en Méditerranée »

Edito

par Henri-Luc Thibault, directeur du Plan Bleu

La Méditerranée comprise comme l’ensemble des pays riverains est la première destination touristique au monde puisqu’elle accueille près de 30% du tourisme international. Et cet attrait pour la Méditerranée devrait perdurer au regard des caractéristiques de la région et notamment son climat particulièrement propice au tourisme balnéaire, la beauté de ses paysages et des sites naturels, l’héritage culturel particulièrement riche et la proximité géographique pour les touristes du nord de l’Europe.

Mais avec le développement des transports, le changement climatique annoncé, le développement touristique pourrait exercer une pression accrue sur l’environnement et les ressources naturelles et le tourisme se révéler de plus en plus sensible aux évolutions de la conjoncture économique et aux crises politiques et environnementales. Comment, dans ce contexte, changer les modes de consommation touristiques pour qu’ils soient plus durables ? Comment mieux sensibiliser les touristes et les professionnels aux différents impacts du tourisme ? Comment conforter les effets positifs, notamment économiques du tourisme, sans fragiliser les équilibres environnementaux et sociaux ? En bref, comment faire du tourisme une réelle opportunité de développement durable ?

C’est pour répondre à ces questions que le Plan Bleu a organisé les 2 et 3 juillet 2008, un atelier régional d’experts réunissant une soixantaine de participants représentants les pays riverains, les organisations professionnelles, l’OMT, la BEI, le PNUE, l’Agence Française de Développement…. S’appuyant sur le résultat de plusieurs études nationales et régionales, il a permis d’évaluer les impacts territoriaux et environnementaux du tourisme, de débattre des grands enjeux régionaux et de proposer des pistes de travail et d’action pour l’avenir. Les articles qui suivent mettent l’accent sur quelques uns des principaux thèmes abordés lors de ces travaux et sur des expériences novatrices conduites par certains pays.

 

 

Dossier du mois : Promouvoir un tourisme durable

Elisabeth COUDERT, Expert au Plan Bleu

Le développement du tourisme durable respecte, préserve et met en valeur à long terme les ressources naturelles, culturelles et sociales d’un territoire. C’est un tourisme respectueux des principes du développement durable et qui concilie à la fois le progrès économique, la justice sociale et la préservation de l’environnement. Ces principes s’appliquent à toutes les formes de tourisme et à tous les types de destinations, au tourisme de masse comme aux niches spécifiques de tourisme.

En 2007, les pays riverains de la Méditerranée ont accueilli 294 millions de touristes internationaux, ce qui a généré 183 milliards € de recettes. Selon les projections du Plan Bleu, les touristes aussi bien internationaux que nationaux pourraient être au nombre de 637 millions à l’horizon 2025, dont 312 millions dans les seules régions côtières.

Par le potentiel tant de développement économique et social que de pressions sur l’environnement et les ressources naturelles qu’il représente, le tourisme constitue en terme de durabilité un défi majeur à relever pour l’ensemble des pays bordant la mer Méditerranée. C’est pourquoi depuis l’origine le Plan d’Action pour la Méditerranée et en premier lieu le Centre d’Activités Régionales du Plan Bleu ont placé le tourisme au centre de leurs réflexions, au même titre que l’eau ou l’énergie par exemple. L’aboutissement de ces travaux s’est traduit par l’adoption de la Stratégie Méditerranéenne pour le Développement Durable (SMDD) qui a inscrit le tourisme comme un de ses sept domaines d’action prioritaires et offre ainsi un cadre d’analyse notamment en termes de suivi des progrès vers le tourisme durable en Méditerranée.

Au niveau mondial, les Objectifs du Millénaire offrent un autre cadre d’analyse en termes de protection de la biodiversité, lutte contre la pauvreté, protection des mers et des océans, etc. En croisant ces problématiques universelles avec les problématiques du tourisme durable méditerranéen, le Plan Bleu a l’ambition de faire émerger, avec tous les partenaires de la Convention de Barcelone, des pistes innovantes de travail pour le futur proche afin d’accélérer la prise de conscience et le passage à l’action.

En conséquence, l’atelier du 2 et 3 juillet dernier avait comme objectifs (i) d’établir un bilan approfondi des progrès réalisés dans le domaine du tourisme durable en Méditerranée depuis l’adoption en 1999 des Recommandations « Tourisme » et (ii) de faire réfléchir et débattre ensemble experts, institutionnels et bailleurs sur quelques grands enjeux du tourisme durable afin d’en tirer un programme cohérent de travail et d’action pour l’avenir.

Ce sera le travail du Plan Bleu dans les quelques mois à venir.

Actualité du Plan Bleu

Expo Zaragoza 2008 : exposition internationale sur l’eau et le développement durable

Le 15 Juillet 2008, le Plan Bleu et le Centre d’Activités Régionales pour la Production Propre sont intervenus conjointement lors d’un atelier d’échanges organisé par le Pavillon des initiatives citoyennes (el faro) dans le cadre de la semaine thématique « Usages de l’eau et abus ». Pour le Plan Bleu, Gaëlle Thivet a ainsi dressé un état des lieux des ressources et demandes en eau en Méditerranée, en incluant une dimension prospective et en soulignant la nécessité d’utiliser l’eau de manière plus rationnelle et efficiente, ce dans les différents secteurs d’usage. Le Centre d'Activités Régionales pour la Production Propre a ensuite présenté des exemples de bonnes pratiques d’économies d’eau concernant, notamment, le secteur industriel.

Sommet de Paris pour la Méditerranée

Henri-Luc Thibault a représenté le Plan Bleu au Sommet de Paris pour la Méditerranée du 13 juillet 2008. A cette occasion ont été diffusées aux participants «  Les perspectives du Plan Bleu sur le développement durable en Méditerranée  ».

Ce document passe en revue les principaux déterminants des trajectoires d’évolution de la région d’ici 2025 et documente sept enjeux majeurs de développement : l’eau, l’énergie, les transports, les espaces urbains, l’espace littoral, l’environnement marin. Il propose, en conclusion, quelques pistes pour faire de la Méditerranée un espace de coopération pour le développement durable. Ce document est téléchargeable en français , anglais et arabe .

Atelier régional "Promouvoir un tourisme durable en Méditerranée

Dans le cadre du suivi de la Stratégie Méditerranéenne pour le Développement Durable (SMDD), le Plan Bleu a lancé en 2007 un programme de travail reposant sur une série d’études nationales et régionales afin, d’une part, d’évaluer la situation du tourisme eu égard à la SMDD dans quelques pays riverains et, d’autre part, d’établir un cadre de réflexion concernant quatre grands enjeux liant le tourisme et le développement durable à l’échelle régionale méditerranéenne. Afin de présenter les résultats de ces différentes études, de les discuter et d’en tirer des pistes de travail pour le futur proche, le Plan Bleu a organisé les 2 et 3 juillet 2008 à Sophia-Antipolis un atelier régional. Regroupant plus de soixante participants et lieu de débat et de discussion, cet atelier a permis de confronter les conclusions et les points de vue des auteurs des études nationales et régionales à ceux d’experts et de spécialistes de différentes disciplines.

Toutes les informations sur http://www.planbleu.org/themes/atelier_tourisme.html

Etude BEI/Plan Bleu "Energie et changement climatique en Méditerranée"

Mardi 1er juillet, s'est tenue une Conférence de presse à Paris où Philippe de Fontaine Vive, Vice-Président de la BEI en charge de la Méditerranée, et Henri-Luc Thibault, Directeur du Plan Bleu, ont présenté les résultats d'une étude pilotée par le Plan Bleu sur le thème « Energie et changement climatique en Méditerranée », qui sera publiée prochainement. Suite

Réunion du groupe de travail « Fédération française des Aires protégées de la Méditerranée »

Le 30 juin 2008, le Plan Bleu est intervenu dans le cadre de la réunion d’installation du groupe de travail national « Fédération des Aires protégées de la Méditerranée » de la Fédération des Parcs Naturels Régionaux de France (FPNRF). Cette réunion, organisée à Marseille par la FPNRF et le Conseil régional Provence-Alpes-Côte d’Azur, avait pour objectif de créer un réseau des Parcs naturels régionaux des régions PACA, Corse et Languedoc-Roussillon. Ce réseau sera voué, dans un second temps, à s’ouvrir aux autres pays du pourtour méditerranéen.

Atelier sur la Mobilité urbaine à Istanbul

Le Plan Bleu a organisé un atelier sur la Mobilité urbaine à Istanbul le 27 juin 2008 dans les locaux de l’Université Technique d’Istanbul (ITU). Les résultats de l’étude réalisée pour le Plan Bleu par le Professeur Haluk Gerçek de ITU et Orhan Demir de Planofis, ont été présentés et mis en discussion devant une vingtaine d’acteurs et experts locaux en urbanisme, transports et protection de l’environnement. Les travaux du Plan Bleu sur la mobilité urbaine en Méditerranée bénéficient de l’appui financier de l’AFD, la Banque mondiale et Veolia Environnement.

Forum de Crans Montana (Monaco)

A l’occasion du Forum de Crans Montana, le Plan Bleu a présenté le 26 juin, lors d’une session consacrée à l’initiative « Union pour la Méditerranée », ses perspectives pour la région en matière d’environnement et de développement. La présentation a mis l’accent sur le changement climatique, les perspectives, à l’horizon 2025, dans les secteurs de l’eau et de l’énergie.

Cannes Water Symposium

Du 24 au 26 juin 2008, le Plan Bleu a participé au 10ème Symposium International de l'Eau de Cannes. Deux communications ont été présentées dans le cadre des Ateliers "Un comportement intelligent face aux changements climatiques" et "Femmes chefs d'entreprise : l'eau en Méditerranée". De plus, le Plan Bleu a été auditionné par la « Special Task Force on Integrated Resources Management (Water) » de l’Assemblée Parlementaire de la Méditerranée. Le Plan Bleu a également été présent sur un stand dans le salon d'exposition.

Conférence « Vers un espace méditerranéen de la science »

Le Plan Bleu a participé du 24 au 26 juin aux travaux organisés à l’initiative du Groupe inter-académique pour le développement (GID) de l’Institut de France et destinés à nourrir la réflexion sur la constitution d’un espace scientifique méditerranéen.

Les travaux organisés en trois ateliers traitant respectivement de l’agriculture et du développement durable, de l’halieutique et de l’environnement marin, des impacts du changement climatique et de l’adaptation ont réuni une centaine de scientifiques issus de vingt pays riverains.

Les échanges ont confirmé la pertinence d’une réflexion méditerranéenne sur les différents sujets traités, la nécessité de favoriser la mobilité des chercheurs et des personnels techniques entre les institutions de recherche méditerranéens, l’intérêt de mettre en place des programmes communs et de mutualiser les moyens notamment dans les domaines ou la recherche s’avère particulièrement coûteuse, le besoin enfin de renforcer les liens entre formation et recherche. Suite

Conférence scientifique méditerranéenne, Atelier « Les impacts du changement climatique en Méditerranée » 24-25 Juin 2008

A partir de l’analyse des effets politiques, économiques, physiques et sociaux du changement climatique en Méditerranée, l'atelier avait pour but de nourrir une réflexion méditerranéenne sur ce thème. Le public, composé de scientifiques de l’ensemble du bassin (14 nationalités), a successivement débattu des pré-requis scientifiques et économiques, des priorités régionales et nationales en matière de recherche et de l'articulation recherche/gouvernance sur le thème du changement climatique en Méditerranée.

Les discussions ont porté principalement sur :

  • La nécessité de l’inter-disciplinarité pour arriver à approcher le thème des impacts du changement climatique
  • L’articulation de la recherche sur le changement climatique avec les recherches sectorielles
  • Les nouvelles formes à donner à la coopération scientifique Nord-Sud en Méditerranée
  • Le renforcement des capacités institutionnelles

1ère réunion du Comité de Coordination et de Suivi entre AFD, AECID et Plan Bleu

Le 23 juin s’est tenue, dans les locaux du Plan Bleu, la première réunion du Comité de Coordination et de Suivi qui réunit l’Agence Française de Développement (AFD), l’Agence Espagnole de Coopération Internationale pour le Développement (AECID) et le Plan Bleu. Les travaux de ce comité ont notamment permis de définir, dans le programme de travail du Plan Bleu,  les points d’affectation des contributions financières que l’AFD et l’AECID se proposent de mobiliser conjointement dès le second semestre 2008.  

Horizon 2020. Deuxième réunion du Groupe de pilotage

Le lundi 23 juin 2008, à Tunis, le Plan Bleu a participé à la deuxième réunion du Groupe de pilotage Horizon 2020. Ouverte par M. Nadir Hamada, Ministre de l’Environnement et du Développement Durable de Tunisie, la réunion a permis de faire un point d’étape sur l’échéancier adopté en novembre 2006, au Caire, par la conférence ministérielle euro-méditerranéenne sur l’environnement. Les actions dont l’état d’avancement a été examiné au cours de la réunion concernent l’identification de projets prioritaires en matière de réduction de la pollution, les actions de renforcement de capacités (assistance technique, formation, ateliers), les activités de recherche et les modalités de suivi des progrès réalisés. Le Plan Bleu participe notamment à l’élaboration d’un jeu d’indicateurs spécifiques permettant d’alimenter un  tableau de bord pour le suivi en continu et de nourrir tous les deux ans un rapport régional de synthèse.

Forum des Autorités locales et régionales de la Méditerranée

Le 22 juin 2008, le Plan Bleu a participé au premier Forum des Autorités locales et régionales de la Méditerranée organisé à Marseille par la Commission Méditerranée de Cités et Gouvernements Locaux Unis (CGLU). Ce forum répondait à la volonté des autorités locales et régionales d’ouvrir un espace permanent d’échange qui favorise leur expression et leur participation active dans les fora de coopération méditerranéens. Les différents ateliers organisés dans le cadre de ce forum, dont ceux portant sur les thèmes « L’environnement, facteur de développement » et « Institutions internationales et financements », avaient pour objectif de permettre aux autorités locales et régionales de partager leurs diagnostics, leurs méthodologies de travail et leurs revendications communes vis-à-vis des Etats et des instances supranationales, tout en veillant à coordonner davantage entre elles l’efficacité de leurs actions. Pour en savoir plus : www.commed-cglu.org

Entretiens de la Méditerranée

Le Plan Bleu a été invité par l’Institut de Prospective Economique du Monde Méditerranéen (IPEMed) et par l’Institut Européen de la Méditerranée (IEMED) à participer aux « Entretiens de la Méditerranée » qui se sont tenus à Barcelone les 12 et 13 juin dernier. Henri-Luc Thibault et Pierre Icard ont respectivement participé, comme invités spéciaux, aux ateliers « Sécurité énergétique et partenariats en Méditerranée » et « Politique commune de l’eau pour un développement durable ».

La vie du Plan Bleu

Partenaires : Signature d’une convention pluriannuelle entre la Principauté de Monaco et le Plan Bleu

Patrick Van Klaveren, Délégué Permanent auprès des Organismes Internationaux à caractère scientifique, environnemental et humanitaire de la Principauté de Monaco et Henri-Luc Thibault, Directeur du Plan Bleu, ont signé le 2 juillet 2008 une convention pluriannuelle 2008-2011 précisant la nature et les modalités du soutien que la Principauté de Monaco entend apporter au Plan Bleu sur la période 2008-2011. Les concours de la Principauté accompagneront, notamment,  les travaux du Plan Bleu visant à développer des méthodes et outils de prospective territoriale et à produire des rapports réguliers sur l’environnement et le développement durable en Méditerranée.

Signature d’une convention de financement entre l’AFD et le Plan Bleu 

Jean-Pierre Barbier, directeur du Département Méditerranée/Moyen-Orient à l’Agence Française de Développement et Henri-Luc Thibault, directeur du Plan Bleu, ont signé le 1er juillet 2008 une convention de financement destinée à soutenir le programme d’activités du Plan Bleu tel que décrit dans son Cadre d’Intervention Stratégique 2007-2015. Ce concours, couvrant une période de trois ans, fait suite à la signature en novembre 2007 d’un protocole d’accord signé entre l’AFD et le Plan Bleu et constitue la contribution de l’AFD à un mécanisme de financement multibailleurs d’appui au Plan Bleu auquel devrait également prochainement participer l’Agence Espagnole de Coopération Internationale pour le Développement (AECID). 

Signature d'une convention-cadre de coopération entre l'IFREMER et le Plan Bleu

Jean-Yves Perrot, Président-Directeur général de l’Institut Français de recherche pour l’Exploitation de la Mer (Ifremer) et Henri-Luc Thibault, Directeur du Plan Bleu, ont signé le 30 juin 2008 au siège de l’Ifremer une convention-cadre de coopération pour une durée de 4 ans. La collaboration portera principalement sur les domaines des sciences marines liées au développement durable du bassin méditerranéen :
-l’environnement marin, y compris les contaminants chimiques,
- l’impact du changement climatique,
- les ressources vivantes et non vivantes,
- les énergies renouvelables d’origines marines,
- les risques naturels géologiques,
- les écosystèmes marins, et notamment la valeur économique des biens et services qu’ils produisent.

L’Ifremer et le Plan Bleu ont notamment convenu d’échanger régulièrement des informations sur leurs priorités et programmes concernant la Méditerranée, d’organiser en commun des conférences ou séminaires et de faciliter les interventions d’experts de l’Ifremer en appui scientifique de travaux pilotés par le Plan Bleu et réciproquement.

Avis d’expert...
jemaïel

Adel RADY, Président/Directeur Général, Marsa Alam for Tourist Development, Egypte


Tourisme et Emploi en Egypte

Le secteur du tourisme en Egypte est le plus grand contributeur d’emplois avec la création de plus de 2,2 millions de postes, représentant 7% de l’emploi total.

 - Problèmes sociaux

Les politiques actuelles, qui misent sur l’attraction des travailleurs des grandes villes vers les nouvelles aires touristiques (Mer Rouge, côte méditerranéenne et Sinaï) avec des conditions absentes (ou sans) d’infrastructures de vie normale, ont besoin d’être améliorées. Favoriser le développement dans les aires de tourisme (plutôt que des bouts de ficelle) facilitera l’offre d’équipements qui rendront ces lieux attractifs pour les travailleurs et leurs familles en vue de s’installer.  

- Genre

Les femmes Egyptiennes peuvent trouver un emploi dans les hôtels des zones urbaines, pendant que la situation et la culture dans les aires de complexes hôteliers font que les postes sont massivement donnés aux hommes.

Les initiatives suivantes font partie de celles qui facilitent la participation des femmes, Créer des centres avec des quartiers de vie plus familiaux et ouverts aux femmes

  • Fournir des garanties adéquates pour les femmes dans les établissements de tourisme
  • S’assurer que les femmes sont représentées de façon juste dans les programmes de formation et que des opportunités identiques sont offertes aux candidates féminines.

 - Développement de compétences

L’écart de compétences a augmenté dans les années 90 de fortes expansion quand des employés non formés ont été embauché dans des postes de seniors. L’écart se double avec les nouvelles politiques de qualité qui nécessiteront une forte hausse du nombre d’employés (près de 300 000) et l’amélioration des compétences. Les formations professionnelles de tourisme sont de la responsabilité de trios agences: le Ministère de l’Education Supérieure (tourisme et sujets connexes dans les université et Instituts de formation supérieure au tourisme) ; le Ministère de l’Education (formation intermédiaire dans le technique, écoles secondaires et hôtelières) ; et le MOT à travers la Fédération du Tourisme pour améliorer les compétences des travailleurs dans le secteur. La coordination entre ces organismes est pauvre. Le besoin est d’avoir des cours d’initiation certifiés sur l’hébergement pour les 40 000 à 50 000 emplois nécessaires annuellement pour pourvoir en personnel les hôtels et les activités annexes qui sont actuellement en cours de construction. La plupart de ces nouveaux entrants n’auront pas les connaissances basiques. Pour surmonter cette « crise », la création et la mise en place de formations d’initiation pour les travailleurs non qualifiés et inexpérimentés est recommandé. Cela supposerait des formations d’une durée pouvant aller jusqu’à six semaines, in situ dans des zones fournissant traditionnellement des emplois. A chaque fin de formation, un certificat serait attribué. Le contenu serait un enseignement en hygiène, les connaissances interpersonnel, le tourisme, les opérations hôtelières, etc. et une simple détermination de compétences et de potentiels des personnes. Cela serait en fait un visa pour travailler dans le tourisme. Ceci ou une qualification similaire devrait être obligatoire pour obtenir, du Département du Travail, un ‘permis de travail’ pour un emploi dans le tourisme. La Fédération Hôtelière Egyptienne (EHF) créera les programmes et autorisera les organismes de formation à les organiser et les proposer. Le gouvernement devrait encourager les organismes responsables de formation au tourisme à impliquer des membres des associations professionnelles de l’industrie dans la planification et le lancement des formations. La possibilité de développer une extension du ’visa’ à un système d’accréditation vers des qualifications nationales et un passeport de travail pour ceux qui s’engagent dans le tourisme doit être examiné. La politique doit continuer à maximiser les possibilités d’emplois pour les Egyptiens. Toutefois, il est peu probable que tous les postes à pourvoir, et plus particulièrement ceux nécessitant des compétences spécialisées, soient pourvus de façon appropriée par les résidents Egyptiens formés. Dans de telles circonstances, l’emploi de non Egyptiens doit être autorisé.

Avis d’expert...
jemaïel

Bénédicte VALLAT, responsable projets et Reporting Développement Durable, Club Méditerranée, France

Le Club Méditerranée a toujours dans son histoire des valeurs et des pratiques anciennes qui relevaient du Développement Durable même si elles n’en portaient pas le nom : intégration paysagère, économies d’énergie, énergies renouvelables, épuration et recyclage de l’eau, une Fondation trentenaire, un « savoir-faire vivre ensemble» au sein des villages, des relations durables avec les communautés locales ou encore une volonté affirmée de contribuer à l’économie locale.

Mais cela ne signifiait pas qu’il n’y avait pas de progrès à faire. La nécessité d’impulser et de fédérer les acteurs pour répondre à des enjeux croissants l’a poussé à créer une direction dédiée en 2005. Son parti pris a été de privilégier le travail de fond, pour des résultats durables plutôt que rapides :
- Poser les enjeux et les partager au sein de l’entreprise en analysant en détail les impacts du tourisme,
- Asseoir un choix de priorités sur des bases solides en s’appuyant sur plusieurs études simultanées dont une étude clients-prospects, une notation extra-financière, ou une ACV (première Analyse du Cycle de Vie d’un village de vacances, avec l’Ademe).
- Privilégier des actions structurantes comme la mise au point d’un système de reporting fiable ou des actions pilotes en profondeur,
- Impulser et accompagner des démarches de progrès sur chaque axe identifié. ( pour plus de détails : http://www.clubmed.net/corporate/intro.php?newlang=fr )

Quatre priorités environnementales :
- Développer la construction HQE.
- Structurer le management environnemental (avec opération pilote de certification à Opio-en-Provence)
- Améliorer la gestion des déchets
- Développer les achats éco-responsables sur les catégories de produits sensibles (par exemple : charte "Achats Bois", déréférencement d’espèces de poissons menacées …)

Le Club Med travaille en particulier à des solutions techniques innovantes : traitement et recyclage des eaux par phyto-épuration à Albion (Ile Maurice), utilisation d’énergies alternatives (solaire thermique, géothermie, récupération du chaud sur les groupes de froid etc.), expérimentation pour des greens de golf sobres en eau, participation au projet européen de recherche Desol sur la désalinisation de l’eau de mer par énergie solaire …

Cinq priorités envers les sociétés et communautés d’accueil
- Lutter contre le tourisme sexuel impliquant des enfants (plus de 65 000 dépliants Club Med-ECPAT ont été envoyés aux clients en 2007),
- Contribuer au développement des régions où il est implanté à travers des achats locaux (85% des achats sont locaux), et un partenariat sur 3 ans avec Agrisud pour stimuler des filières économiques autour des sites du Club.
- Définir des indicateurs pour améliorer l’ancrage territorial des Villages
- Développer l’ouverture des villages aux pays d’accueil, sensibiliser les clients au respect et à la découverte (charte du voyageur)
- Développer l’accessibilité handicapée
Et une priorité sociale : prévenir les discriminations et développer l’égalité des chances.

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Alberto CAPPATO, secrétaire général de l’IIC, Institut International des Communication de Gênes (Italie)

Plaisance et croisière en Méditerranée : une étude du Plan Bleu

Au cours des dernières années, les 170 millions de touristes qui chaque année arrivent sur les côtes méditerranéennes sont de plus en plus des croisiéristes et des plaisanciers. Tout cela justifie l’attention qui doit être accordée au développement des ces deux types de phénomènes pour être de plus en plus conscients des impacts sur la Méditerranée que les développements de la croisière et de la plaisance peuvent générer, ensemble au reste des activités humaines. Aujourd’hui, au delà de représenter une infrastructure de transport et de liaison entre l’Europe et l’Afrique (à travers un développement de plus en plus fort des Autoroutes de la Mer, soit pour le trafic passagers, soit pour les marchandises) et entre l’Orient et l’Occident avec les trafics des containers, la Mer Méditerranée est récemment devenue une des destinations les plus demandées pour la réalisation d’itinéraires touristiques, et de typologie organisée (forte croissance du marché des croisières), et du style «self-made» (plaisance et chartering). La Méditerranée permet de naviguer dans une mer protégée, riche de points d’abris et de ports, caractérisée par une forte présence d’attractions historiques et culturelles très variées, le tout dans des conditions climatiques très favorables pendant une grande partie de l’année. Ces éléments, qui font de la Méditerranée une destination unique, ont fait que la saison est aujourd’hui étalée sur presque toute l’année en générant comme conséquence une forte croissance des flux touristiques, en particulier des croisiéristes. Si, il y a 10 ans, les mois de pointe du secteur en Méditerranée étaient les bimestres avril-juin et septembre-octobre, aujourd’hui le phénomène est très bien reparti pendant toute l’année. Beaucoup plus difficile est, par contre, l’évaluation de la consistance et des chiffres de la plaisance, phénomène lui aussi en forte croissance surtout sur les rives Nord de la Méditerranée. L’étude, réalisée pour le compte du Plan Bleu et présentée à l’occasion du séminaire de Sophia Antipolis du 2 et 3 juillet 2008, a permis de recenser 850 ports de plaisance, environ 300 000 amarrages en grand partie sur la rive Nord de la Méditerranée. L’analyse a permis de mettre en évidence le niveau des services offerts dans les ports de plaisance soit du point de vue commercial, soit du point de vue de l’attention aux pratiques soutenables pour l’environnement.
La croisière en Méditerranée est un marché en forte croissance ( 2007 a vu 17 millions de nuitées dans les 145 ports – escales et têtes de ligne opérationnelles dans le bassin) avec des retombées industrielles importantes et surtout localisées en Europe - les chantiers européens sont les leaders mondiaux dans la construction des bateaux – (poids du secteur : 4,1 milliards d’euros), 3,5 milliards en termes des dépenses des compagnies de croisières plus 1 milliard pour les salaires du personnel (38 000 emplois) et 2 milliards de dépenses des passagers. Les emplois directs du secteur sont évalués à 107 000 qui deviennent 226 000 avec les emplois indirects. Dans ce contexte une analyse des critères d’évaluation de la durabilité environnementale s’impose. L’étude propose une méthodologie de travail basée sur la logique floue pour permettre d’évaluer le poids de facteurs pas seulement objectifs, mais, très souvent, subjectifs. Le travail est maintenant lancé. A bientôt pour la prochaine étape.

1 question à…
Pedro Ortún, Directeur Commission européenne

Quel est le rôle de la commission européenne pour promouvoir un tourisme durable ?

En mars 2006 “une politique européenne de tourisme renouvelée » et en octobre 2007 « l’agenda pour un tourisme européen durable et compétitif » ont fournit le cadre des actions spécifiques à engager dans les prochaines années par la Commission européenne en regard du tourisme et suggéré que toutes les parties prenantes pourraient entreprendre les étapes nécessaires à renforcer la contribution des pratiques durables à la compétitivité de l’Europe comme la destination touristique la plus attractive. En l’espèce, la Commission européenne s’est engagé elle-même dans quatre domaines principaux :

  • Mobiliser les acteurs pour produire et partager la connaissance : organisation de conférences pour augmenter la sensibilisation et encourager la collaboration entre les parties prenantes sur des thèmes spécifiques (le Forum annuel Européen du Tourisme, des conférences sur le tourisme social, accessibilité, etc.), support des actions conjointes entre différentes sortes de parties prenantes qui valorisent la création d’un environnement favorable aux petites et micro entreprises et à leur coopération sur les problèmes de durabilité (à travers des publications d’appels à propositions), support aux initiatives des parties prenantes ( mise en place d’un réseau européen des Régions pour un tourisme durable et compétitif), révision des rapports annuels actuels des Etats Membres pour faciliter l’échange et la dissémination de l’information ainsi que pour montrer comment les politiques et actions au niveau d’un Etat Membre protègent la durabilité du tourisme, etc.
  • Promouvoir les destination d’excellence : la mise en place de l’action préliminaire « Destinations Européennes d’Excellences » prévoit la sélection d’une destination d’excellence pour chaque Etat Membre participant et offre la visibilité aux efforts de destinations non traditionnelles en poursuivant un développement du tourisme dans le cadre du développement durable (10 meilleures destinations rurales émergeantes récompensées en 2007, 20 destinations d’excellence récompensées en 2008, plus encore à venir en 2009 sous le thème « Tourisme et aires protégées ») ; des activités de réseau et de marketing seront également organisées.
  • Mobiliser les instruments financiers européens : Bien qu’il n’y ait pas d’instrument financier européen dédié uniquement au tourisme, beaucoup d’opportunités sont offertes par les différents fonds de l’UE. La Commission organise, par conséquent, quelques conférences afin de diffuser la connaissance sur comment les instruments actuels de financements de l’UE ont été et peuvent être utilisés par les différentes parties prenantes dans le tourisme dans le but de promouvoir la mise en place de l’Agenda (Slovénie 10 juin 2008, Bruxelles 7 octobre 2008 ; les deux événements sont accessibles à travers l’Internet)
  • Durabilité et compétitivité dans les politiques de la Communauté : La Commission européenne s’assure que l’évolution des directives, des régulations et des initiatives politiques de l’UE qui pourraient avoir un impact sur le tourisme sont aussi utilisés pour supporter sa compétitivité et sa durabilité.

Avis d’expert...
jemaïel

Jean CHAPOUTOT, Consultant, Tunisie

La démarche qualité : L'expérience tunisienne

Depuis les années 1970, la qualité a accompagné le développement du tourisme en Tunisie que ce soit en termes d'aménagement (100 lits/ha), d'infrastructure (stations d'épuration) ou de contrôle (hygiénistes). Mais, la dérèglementation du transport aérien, les NTIC, les comportements de la demande ainsi que la ratification du traité de Marrakech (1994) et l'intégration de la Tunisie à la zone euro méditerranéenne (1er janvier 2008) suite à l'adhésion à la Déclaration de Barcelone (1995) expliquent les changements du contexte dans lequel évolue le tourisme. En 2002, et suite à une recommandation du Président de la République, le tourisme tunisien a été placé sous le signe de la qualité totale. Il s'en est suivi la mise en place d'un système d'appui à la qualité qui a concerné :

  • La catégorisation des établissements hôteliers . L' Arrêté du Ministre du Tourisme du 1 décembre 2005, fixant les normes minimales de classement des hôtels de tourisme, constitue la référence en termes de classement. Ces normes de gestion sont la base de la qualité des prestations hôtelières en particulier en termes de sécurité alimentaire (HACCP) Mais la catégorisation n'est qu'un préalable à la qualité.
  • Le Programme de mise à niveau des unités d'hébergement(PMNH) . Adopté en 2004, il a pour objectif de cibler des actions stratégiques prioritaires dont : l'adoption de programmes transversaux de formation, l'introduction des NTIC, l'assainissement financier des hôtels, l'adhésion au programme national d'économie d'énergie et d'eau. A cet effet, des aides financières sont accordées. Elles couvrent les investissements matériels et immatériels dont : le système de développement organisationnel et de gestion et celui de la gestion des ressources humaines ainsi que le plan qualité. Il serait opportun qu'un « label PMNH » soit décerné aux hôteliers afin d'en faire un atout commercial et ainsi inciter l'ensemble des hôteliers à adhérer au PMNH.
  • Normalisation et certification . L'Office national du tourisme tunisien et l'Institut national de la normalisation et de la propriété industrielle ont signé une convention (2003) dont l'objectif est l'établissement de normes, la norme 126, relatives à l’amélioration des prestations touristiques. En 2005, l' INNORPI a adhéré au Comité européen de normalisation, norme CEN 329 – Services touristiques . Également en 2005, l'INNORPI s'est vu attribuer le secrétariat technique de l’ISO sur «Tourisme et Services Connexes» en partenariat avec l’Agence espagnol de normalisation (AENOR). L'objectif de ce partenariat est d'élaborer des normes, pour un référentiel mondial de certification, et relatives à l’amélioration de la qualité des prestations touristiques. Dans le domaine de l'élaboration des normes, la coopération internationale est fondamentale une harmonisation des systèmes.
  • Le système de management de l'environnement . Son objectif est la maîtrise des coûts de productions (eau, énergie), l'amélioration de la situation environnementale en réduisant les déchets solides, liquides et gazeux tout en développant l'encadrement du personnel, l'intégration des établissements hôteliers dans les programmes de gestion environnementale afin d'accéder aux normes ISO 14001 et l'intégration des établissements hôteliers dans le programme environnemental tunisien « ECOLABEL » Il y a lieu de généraliser ce système à l'ensemble des activités touristiques.

Le futur du tourisme tunisien passe par :
La réussite de la démarche qualité qui doit s'inscrire dans un partenariat de l'ensemble public-privé et dans la transversalité qui permet une multiplication des regards ;
La gestion intégrée de la qualité qui prend en compte le développement durable et la satisfaction de la clientèle ;
Une réflexion sur la place des activités touristiques dans l'organisation de l'espace et ce, en termes de différenciation régionale.

Avis d’expert...
jemaïel
Alexandre NOEL, Chargé de mission Développement Touristique, Conseil Régional PACA,
France

Politique régionale en faveur du tourisme durable

Trait d’union entre l’Europe et la Méditerranée, la Région Provence-Alpes-Côte d'Azur contribue au développement harmonieux du bassin méditerranéen en mettant en œuvre des accords de coopération et en participant à des dispositifs européens de coopération en Méditerranée. En matière de tourisme, la Région Provence-Alpes-Côte d'Azur mène un certain nombre de projets de coopération décentralisée avec certaines régions méditerranéennes, telles que Tanger Tétouan au Maroc, la Région de Lori en Arménie ou encore le delta du Guediz en Turquie. La Région a également soutenu et accueillit en 2008 le Forum International du Tourisme Solidaire en Méditerranée et se félicite d’avoir pu soutenir le récent atelier organisé par le Plan Bleu : promouvoir un tourisme durable en Méditerranée.

Dotée d’un patrimoine naturel et culturel exceptionnel, la région Provence-Alpes-Côte d’Azur a su se positionner parmi les premières destinations touristiques au monde avec approximativement 34 millions de touristes par an. Ce développement ne s’est néanmoins pas opéré sans impacts sur l’environnement et la qualité de vie des habitants. Par ailleurs, les attentes des clientèles changent, l’industrie touristique est en pleine mutation, la concurrence est de plus en plus accrue. C’est pourquoi le Conseil Régional Provence-Alpes-Côte d'Azur a voté son S chéma Régional de Développement Touristique (SRDT) 2006-2010 retenant comme un de ses 4 axes stratégiques de Faire de Provence-Alpes-Côte d’Azur une référence en matière de tourisme durable.

La stratégie régionale en faveur du tourisme durable se décline à travers la mise en œuvre d’une politique ambitieuse plaçant l’environnement au cœur des politiques touristiques. L’adoption de dispositifs de soutien financier permet en effet d’accompagner :

  • les actions collectives de professionnalisation ainsi que les audits et diagnostics environnementaux
  • les investissements des établissements touristiques à travers des critères d’éco-conditionnalitén’accordant d’aides directes aux organisations touristiques qu’en matière de gestion environnementale et/ou de tourisme et handicap.
  • les rencontres entre les professionnels du tourisme et de l’environnement en soutenant financièrement l’organisation de salons destinés aux professionnels, à l’instar du salon Ecorismo.
  • les démarches innovantes à travers le Prix Régional de l’innovation touristiquerécompensant les actions innovantes des structures d’accueil touristique en matière de préservation et de gestion de l’environnement mais aussi de tourisme et handicap et de politique sociale…

Ces dispositifs ont également permis d’initier un certain nombre d’actions concrètes comme :

  • l’adoption de la charte européenne du tourisme durable dans les espaces protégés pour les 5 parcs naturels régionaux qui ont entrepris une démarche inter-parcs visant à l’obtention de cette charte.
  • la réalisation d’un écoguide sur la responsabilité sociale et environnementale à destination des professionnels de l'hébergement touristique.
  • la sensibilisation des clientèles touristiquesà la préservation de l’environnementavec la campagne « éco gestes en méditerranée » à destination des plaisanciers et la campagne « i nf’eau mer » qui elle sensibilise les touristes sur les plages.
  • la promotion de l’offre éco touristique régionale avec la publication d’une « carte écotourisme » par le CRT PACA

La Région Provence-Alpes-Côte d'Azur n’oublie pas les aspects sociaux du tourisme durable et a ainsi dédié deux axes stratégiques à ces questions vitales de l’accès aux vacances pour tous, du tourisme pour les personnes souffrant de handicaps, ou encore de l’emploi, de la formation et de la problématique des saisonniers.

Plus globalement, la Région Provence-Alpes-Côte d'Azur met en place son Agenda 21 qui permettra à l’Institution Régionale d’inscrire sa politique publique dans une démarche globale de développement durable. De plus, le récent lancement par la commission européenne de l’agenda pour un tourisme durable et compétitif a favorisé la création du réseau des régions européennes pour un tourisme durable et compétitif. Ce réseau a été cofondé par les régionsProvence-Alpes-Côte d'Azur, Toscane et Catalogne et la Région Provence-Alpes-Côte d'Azur accueillera la conférence du réseau les 30 et 31 octobre à Marseille. Pour plus d’informations sur la conférence et le réseaudes régions européennes pour un tourisme durable et compétitif, consulter la rubrique tourisme du site internet de la région http://www.regionpaca.fr/

Avis d’expert...
jemaïel

Alessandra POME, Responsable unité marine, WWF Med PO, Italie

Le rôle des ONG dans la promotion d’un tourisme durable : l’expérience du WWF

Le tourisme est l’industrie quia la croissance la plus forte et la plus rapide dans le monde, avec des implications environnementales, culturelles, sociales et économiques majeures. Le tourisme est aussi l’une des industries les plus proches du cœur d’activités du WWF. D’un côté, le tourisme représente une opportunité pour le développement durable, aussi bien que pour la mise en place et le renforcement des aires protégées ; de l’autre, un développement mal planifié a été identifié comme l’une des menaces les plus significatives pour la plupart des écorégions et des endroits où le WWF travaille. Cela devient particulièrement vrai quand cela touche les zones côtières où le développement du tourisme se concentre le plus.

Les caractéristiques spécifiques de l’industrie du tourisme – comme son importante fragmentation et sa capacité à englober tant de différents problèmes terrestres et marins – rendaient difficile pour le WWF de répondre à travers un programme global.

Cependant, le WWF a récemment reconnu que le développement du tourisme côtier est une menace sérieuse qui pourrait gêner la réussite de ses objectifs de conservation des aires marines et qu’il y a une opportunité et une valeur ajoutée pour le WWF d’aborder le développement touristique côtier d’une façon mieux coordonnée.

La plupart des projets et programmes de conservation du WWF dans le monde ont une composante qui adresse le tourisme, soit comme une source potentielle de financement pour la gestion des aires protégées soit comme le principal objectif de menaces spécifiques.

L’une des voies sur laquelle le tourisme peut être bénéfique pour les réserves marines et les communautés locales se fait à travers un revenu, à la fois direct pour les locaux ainsi que pour couvrir les coûts de fonctionnement des Aires Marines Protégées (AMP). Une approche qui fonctionne bien dans ces zones est le paiement d’un droit d’entrée pour les plongeurs, L’argent étant utilisé pour financer la gestion des parcs et les activités de conservation. Le WWF supporte plusieurs projets identiques dans le monde incluant Le Parc National Bunaken en Indonésie, le Parc Marin Bonaire dans les Antilles Néerlandaises, et les Batangas aux Philippines. Dans le système du Parc Marin Bonaire, par exemple, les visiteurs paient un droit d’entrée pour utiliser les installations du parc et plonger. 80% des fonds collectés sont spécifiquement utilisés pour les programmes de conservation de ce parc.

Le WWF a également développé un ensemble de critères pour guider les tours opérateurs, les constructeurs d’hôtels et les autres acteurs vers un tourisme plus durable, et il contribue au développement des plans de gestion intégrée des zones côtières. A cette fin, il faut noter que le prix de l’UNCHS (Commission des Nations Unies pour l’Habitat) a récompensé le projet de Çirali en Turquie, projet effectué à la fin des années 90 par le WWF Turquie et La Fondation pour Préserver la Vie Naturelle. Le projet avait pour objectif d’assister la communauté locale de Çirali, qui est une très belle partie de la côte sud méditerranéenne de la Turquie, en développant et implémentant un « plan de gestion intégrée côtière » incluant l’agriculture biologique, le tourisme durable et la protection des territoires de nidification des tortues Caret (Caretta Caretta). La fondation DHKO et la population de Çirali sont aujourd’hui regardées comme un modèle pour leur capacité à intégrer le développement économique (tourisme et agriculture) à un bénéfice direct pour la communauté et la conservation.

La pertinence du tourisme a conduit le WWF à engager des partenariats, il y a quelques années, avec l’Initiative des Tours Opérateurs pour un développement durable du tourisme (TOI) sur la base que les intérêts économiques du tourisme peuvent être majeurs pour influencer le développement durable de destinations touristiques. En même temps, les deux organisations reconnaissent les impacts négatifs potentiels que les activités touristiques peuvent causer aux communautés locales et à l’environnement, incluant la demande en eau, la pollution des sols et atmosphérique, la destruction de l’habitat et la perte de la biodiversité, en particulier dans les aires protégées et les aires de valeur biologique remarquable. En 2004, un accord de coopération a été signé à Lastovo (Croatie), où le WWF et la TOI se sont engagés à travailler ensemble pour améliorer la gestion des aires protégées où le tourisme est une activité économique importante, augmenter la sensibilisation des visiteurs sur les valeurs de la biodiversité, créer un réseau de destinations touristiques exemplaires où la conservation et les objectifs économiques se renforcent l’un l’autre. Ceci se fera en établissant une plateforme de communication qui catalysera les synergies concrètes entre les entreprises de tourisme et les activités du WWF pour la conservation et la biodiversité, et informer et conseiller les décideurs locaux, nationaux et régionaux des préférences et demandes du marché (http://www.toinitiative.org) . L’un des premiers projets pilotes est développé sur la partie mexicaine de la barrière mésoaméricaine par WWF-Mexique, WWF-Allemagne, WWF-Amérique Central, WWF-US et TOI. Plus d’information sur le projet à http://www.mesoamericanreef.org/ .

Début 2007, un groupe composé de plusieurs bureaux nationaux et de programmes du WWF a démarré un brainstorming sur les opportunités du WWF pour façonner une approche stratégique plus globale du développement touristique et côtier, basée sur les compétences distinctives du WWF et de son réseau. Les objectifs du groupe étaient de définir une stratégie pour systématiser :

  • l’utilisation des leçons apprises et l’élaboration des compétences et des expertises nécessaires à travers un comité basé sur les menaces actuelles,
  • les pratiques passées, les exemples et les évaluations stratégiques faites dans plusieurs endroits comme la Méditerranée, la barrière Mésoaméricaine et le golf de Californie
  • Une estimation globale des marchés financiers

Les analyses montrent que les cibles biologiques les plus importantes et représentatives affectées par le développement côtier lié au tourisme sont le climat global ; les habitats côtiers humides qui incluent les mangroves, les estuaires et les zones humides ; les habitats côtiers secs qui incluent les dunes et les plages ; les habitats marins comme les barrières de corail et les herbiers marins ; et les espèces prioritaires comme les baleines, les tortues marines et les requins. Les menaces les plus importantes, relatives au développement côtier, évaluées par l’étendue, la sévérité et l’urgence de leurs impacts sont (a) les gaz à effet de serre et (b) les constructions d’infrastructures qui incluent la construction d’hôtels et de complexes hôteliers, les infrastructures pour la main d’œuvre et les services, et la construction de résidences secondaires et de marinas. En second, les menaces comprennent (c) la consommation d’eau, la gestion de l’eau et des déchets et (d) les impacts locaux du changement climatique comme l’élévation du niveau de la mer et la décoloration du corail. D’autres menaces sont également à noter comme (e) la production locale non durable de nourriture avec la surpêche, l’aquaculture non durable et (f) les pratiques des visiteurs qui incluent la perturbation des espèces et/ou des habitats. Enfin, le troisième ensemble des menaces comprend (g) l’introduction d’espèces exotiques et (h) les pratiques non durables des bateaux de croisières.

Il y a deux principaux groupes de causes à ces menaces :

  • Le premier groupe implique un manque de cadres de bonne politique nationale et la mise en place de plan d’occupation des sols approprié. Ces deux points opérant à un niveau national sont souvent le fait d’un manque de volonté politique et/ou d’incitations à des mécanismes de planning et d’exécution à long terme.
  • Le second groupe est de nature plus globale et comprend : (i) l’excès de liquidités dans le système financier international combiné au manque de modèles appropriés, d’information et d’encouragement pour des investissements responsables ; (ii) les causes qui se rapportent à des standards et des motivations inadéquats de l’industrie ; (iii) des causes relatives à la croissance de population, aux préférences actuelles, et l’augmentation du revenu et du temps disponibles pour les activités de loisirs.

Ces causes se rapportent à la fois à l’offre et à la demande de l’industrie et opèrent à différents niveaux, mais sont toutes interconnectées.

L’objectif global de la stratégie de tourisme durable du WWF est d’améliorer l’état des cibles biologiques les plus impactées par le développement côtier dû au tourisme, tout en augmentant la subsistance des populations locales les plus affectées par le développement du tourisme. La stratégie est ciblée sur quatre éléments :

Dans les lieux où le WWF travaille :
Stratégie 1 : Cadres de politique nationale effective et appropriée
Stratégie 2 : Plans locaux d’occupation des sols effectifs

A un niveau global :
Stratégie 3 : Modèles financiers de développement côtier adéquats
Stratégie 4 : Consommateurs et entreprises responsables

Ces stratégies comprennent soit une intervention avec un impact global soit des stratégies communes qui, à travers des boîtes à outil et d’autres instruments, peuvent être généralement appliquées pour augmenter l’impact du WWF au niveau local et national. Toutes les stratégies se construisent sur les leçons apprises du travail passé du WWF sur le tourisme et le développement côtier et bénéficient d’importantes économies d’échelle que le réseau du WWF fournit en support des programmes.

Aujourd’hui le WWF choisit les lieux dans lesquels il va cibler ses interventions, parmi ceux-ci on trouve déjà le golfe de Californie, la barrière mésoaméricaine et la Méditerranée ainsi que les collaborateurs les plus pertinents comme partenaires et les ressources adéquates pour financer de telles activités.

Dans le cas de la Méditerranée, qui fera partie du portefeuille de Modèles Régionaux du Programme Global de Développement du Tourisme et Côtier du WWF, les objectifs stratégiques suivants ont été définis :

  • pour réduire l’empreinte environnementale du tourisme en Méditerranée en
    • expérimentant et partageant les bonnes pratiques
    • incorporant la biodiversité dans la Gestion Intégrée des Zones côtières ou dans les processus/politiques de planification côtière
    • améliorant les outils de planification de tourisme durable
  • pour promouvoir un tourisme durable en
    • actant sur des politiques régionales et locales
    • encourageant les investissements en tourisme durable (TD)
    • soutenant l’intégration du TD dans les politiques sectorielles
    • augmentant la capacité locale sur le TD
  • pour améliorer la gouvernance en
    • améliorant la compréhension et le suivi des effets du tourisme sur l’économie, l’environnement et la qualité de vie des communautés locales
    • améliorant le cadre réglementaire
    • établissant des réseaux d’experts/praticiens
    • promouvant la marque Méditerranée.

L’expérience du WWF montre que, en dépit de la complexité du secteur, les ONG ont un rôle clé à jouer, pas seulement à travers le développement de directives et critères pour le Tourisme Durable, d’avocat et activités de lobby pour transformer ceux-ci en cadres de politique nationale, mais aujourd’hui dans la création des compétences nécessaires à un niveau local pour une bonne planification et un contrôle effectif, pour offrir une information détaillée sur le « savoir-faire » des modèles de travail.

Le défi est de couvrir plusieurs fronts et de répliquer avec succès le travail engagé avec les financeurs stratégiques, les co-financeurs et les partenaires qui peuvent participer à la mise en place de ces stratégies. Les partenaires potentiels sont le secteur privé, la Banque Mondiale, Les Nations Unies, l'OMT, les banques régionales de développement, d’autres ONG, l’IUCN- The World Conservation Union, les centres de recherche, les universités, et les gouvernements intéressés.

For more information and contact:
Alessandra Pomè
Marine Unit
WWF Mediterranean Programme Office
apome@wwfmedpo.org
Bill Eichbaum
Head of the Steering Group on WWF Tourism and Coastal Development Program
bill.eichbaum@wwfus.org
Alfred Schumm
Head of the Marine Program / Co-Head of the WWF Tourism and Coastal Development Program
Steering Group
WWF-Germany
alfred.schumm@wwf.de
Visit www.panda.org

 

Publications

Les perspectives du Plan Bleu sur le développement durable en Méditerranée. Plan Bleu, juillet 2008. Disponible en français, anglais et arabe.

 

Agenda

22 et 23 octobre 2008  : séminaire sur le changement climatique en Méditerranée organisé par le Plan Bleu au Palais du Pharo à Marseille.

Plus d’information sur : www.planbleu.org

PLAN BLEU - Centre d'Activités Régionales - Regional Activity Centre
15 rue Beethoven - Sophia-Antipolis - F-06560 Valbonne - France - Tel : + 33 4 92 38 71 48 - Fax : + 33 4 92 38 71 31 - www.planbleu.org