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Energie et changement climatique

Activités du Plan Bleu

2007-2008 : Le Plan Bleu réalise une étude régionale sur le thème « Energie et changement climatique en Méditerranée » avec le soutien financier de la Banque Européenne d’Investissement. Le premier Comité de pilotage de l’étude s’est tenu à Sophia Antipolis le 22 octobre 2007.
A travers une revue de la littérature, d’études existantes (ex : Plan Bleu et études d’autres institutions financières multilatérales) et de nouvelles analyses précises, les trois objectifs spécifiques de l’étude sont de: 1/mettre à jour des informations sur les scénarios du changement climatique dans la région, 2/évaluer des mesures concrètes et estimer les coûts économiques pour atténuer les émissions gaz à effet de serre, spécialement celle de CO2 dues à la production et à la consommation d’énergie, 3/évaluer les besoins, la portée et les coûts et bénéfices de  scénarios alternatifs d’adaptation, dans la mesure où un changement climatique est d’ores et déjà inévitable.
Fin 2007, deux évènements ont été organisés dans le cadre de ce projet : Energaïa et MEDITEP.

2006-2007  : Le Plan Bleu a pour mandat d’effectuer le suivi de la Stratégie Méditerranéenne de Développement Durable et d’approfondir en 2006-2007 le domaine prioritaire « énergie - changement climatique ». Pour cela, il a mobilisé des partenaires et élaboré un programme d'activités. En savoir plus...

L’énergie est une problématique prioritaire de développement durable en Méditerranée que le Plan Bleu, en sa qualité de Centre de Prospective et d’Observatoire Méditerranéen de l’Environnement et du Développement au sein du PNUE/Plan d’Action pour la Méditerranée (PAM), a pris en compte depuis sa création :

1989 : Le troisième chapitre du rapport « Plan Bleu – Avenirs du Bassin méditerranéen » publié en 1989 est consacré au thème de l’énergie.

1993 : Une étude dirigée par Michel GRENON (Directeur du Plan Bleu entre 1984 et 1989) intitulée « Energie et Environnement en Méditerranée – Enjeux et prospective » a été publié dans la série : « Les fascicules du Plan Bleu », aux éditions Economica. Elle montre que l’évolution de ce secteur est marquée par des risques réels ou probables sur l’environnement, tant au niveau local qu’au niveau régional ou global. Elle dégage clairement les tendances observées et les options alternatives qui s’offrent.

2005  : Chapitre énergie du nouveau rapport du Plan Bleu « Méditerranée – Les perspectives du Plan Bleu sur l’environnement et le développement », a permis d’établir une nouvelle prospective régionale pour l’énergie à l’horizon 2025 (l’OME a largement participé à sa réalisation). Il alerte sur les risques du scénario de base et met en débat les objectifs, les bénéfices et les conditions possibles d’un scénario alternatif.

L’énergie est au cœur des préoccupations du développement
durable

L’énergie provient de ressources naturelles (minérales, végétales, vent, soleil…). Elle constitue l’un des supports essentiels de toute activité humaine et joue un rôle majeur dans la vie quotidienne des ménages. Son utilisation génère des effets plus ou moins immédiats sur les milieux et les climats (effet de serre) et nécessite souvent d’importants échanges commerciaux. L’approvisionnement en énergie exige de lourds investissements qui confèrent aux systèmes énergétiques une grande inertie. Ainsi, les choix énergétiques ont des effets à long terme tant du point de vu économique, social qu’environnemental. La région méditerranéenne illustre parfaitement cette problématique. Elle rassemble, autour d’une mer commune, des pays inégalement dotés en ressources énergétiques mais qui ont tous des marges de manœuvre pour améliorer l’efficience de leurs usages énergétiques et renforcer la sécurité de leurs approvisionnements tout en contribuant à un développement énergétique plus durable.

 

Constat : 20 % de gaspillage

Dans l’ensemble du bassin, la demande d’énergie primaire commerciale a plus que doublé pendant les trois dernières décennies (1970-2000). En 2000, les énergies fossiles (pétrole, charbon, gaz) dominent l’approvisionnement énergétique en Méditerranée : plus de 75 % de la consommation au Nord, 96 % au Sud et à l’Est, le reste étant principalement constitué par l’électricité nucléaire et hydraulique. On constate, depuis quelques décennies, une très forte progression du gaz naturel aux dépens du pétrole. Les énergies renouvelables, hors biomasse, représentent 3 % du bilan énergétique commercial des pays méditerranéens.
Dans de nombreux pays, les structures tarifaires et fiscales n’incitent pas à l’économie d’énergie et n’encouragent pas le développement des énergies renouvelables.


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

LE CHIFFRE
154
Une utilisation plus rationnelle de l’énergie permettrait, d’ici 2025, d’éviter la construction
de 154 centrales électriques
(de 500 MW, fonctionnant
6600 h/an en moyenne) par
rapport aux comportements
actuels qui en exigeraient
400.

 

 

 

LE GRAPHE
Évolution de la demande d’énergie commerciale

 

 

 

 

 

EXEMPLE DE BONNES PRATIQUES
Les économies d’énergie par les techniques
de production propre


L’introduction de procédés de production“propre” dans l’industrie permet, pour un moindre coût, d’obtenir deséconomies d’énergies très importantes.
De multiples exemples peuvent être
cités dans les pays méditerranéens.
Au Maroc, grâce aux mesures de production propre adoptées, une conserverie de poissons a pu épargner l’équivalent de 9 tonnes de fioul par an, soit une économie de 2 200 € /an, pour un investissement de départ de seulement 1 740 € et une période de retour sur investissement de seulement 9 mois.
En Espagne, une usine de montage
d’éléments de transmission de puissance a vu sa consommation électrique chuter de 465 100 kWh/an à
118 200 kWh/an. Dès lors, le coût est
passé de 50 800 € /an à seulement
8 880 € /an. En revanche, la période de
retour sur investissement fut supérieureà 3 ans.
En Croatie, une laiterie située près de
Zagreb donne l’exemple en matière de
réduction d’énergie : les économies
thermiques sont de l’ordre de
500 000 kWh/an, alors que le total
investi est de 31 000 € . Les économies
annuelles générées sont dix fois plus
importantes, soit 328 000 € . La période de retour sur investissement n’est que d‘un mois.
Source : PAM/Centre d’Activités
Régionales pour la Production Propre ;
www.cema-sa.org



Futur annoncé : une demande en croissance de 65%

La demande totale en énergie primaire commerciale dans l’ensemble du bassin méditerranéen pourrait augmenter de 65 % entre 2000 et 2025. Du fait des évolutions démographiques et des modes de vie, les pays du Sud devraient, d’ici 2025, connaître des taux de croissance de leur demande énergétique environ quatre fois plus élevés que les pays développés. Les énergies fossiles couvriraient encore 87 % des consommations énergétiques (le pétrole 40 %) et les énergies renouvelables resteraient marginales.
Ces évolutions impliquent des risques et des enjeux à la fois géopolitiques, socio-économiques et environnementaux :
• Croissance de la dépendance énergétique : les pays méditerranéens producteurs risquent de voir leurs capacités d’exportation réduite par l’accroissement de leur demande interne ; les autres pays méditerranéens risquent de faire face à un déficit énergétique croissant. Les pays méditerranéens pourraient ainsi voir passer leurs importations d’hydrocarbures de 290 Mtep en 2000 à 530 Mtep en 2025.
• Croissance des coûts d’approvisionnement : dans un contexte de hausse des prix des hydrocarbures et de leur volatilité, la croissance massive des importations d’énergie pourrait alourdir le coût de la facture énergétique des pays et des ménages avec des incidences sociales graves.
• Impacts sur l’environnement : les émissions totales de CO2 de la région liées aux activités énergétiques représentent 7 % des émissions totales mondiales en 1990 (dont environ 70 % émis par les pays de la rive Nord) et pourraient passer à 9 % en 2025.

 

Alternatives : utiliser l’énergie plus rationnellement et
développer les énergies renouvelables

Le scénario alternatif propose une utilisation plus rationnelle de l’énergie (réduction des pertes des réseaux, isolation des logements, équipements électroménagers, technologies industrielles économes, transports etc.) combinée à un recours plus intensif au potentiel médi-terranéen d’énergies renouvelables (solaire, éolien).
Compte tenu des techniques actuellement disponibles, on estime que les énergies renouvelables (géothermie, solaire, éolien, hydraulique) pourraient atteindre 14 % du bilan primaire en énergie en 2025 au lieu de 4 % pour le scénario tendanciel.
En utilisant plus rationnellement l’énergie, on estime qu’une économie potentielle de l’ordre de 20 à 25 % (selon les pays et les niveaux de gaspillage) de la demande totale en énergie serait réalisable d’ici 2025 en utilisant les technologies déjà disponibles.
L’habitat et le tertiaire représentent les gisements d’économies d’énergie les plus importants, notamment sur la rive Sud, en pleine croissance démographique et urbaine.
Avantages d’un tel scénario :
• Une économie totale d’énergie de 208 Mtep/an en 2025, soit environ la moitié de l’accroissement annoncé des demandes entre 2000 et 2025.
• Stabiliser la demande en pétrole en 2025 à son niveau de 2000.
• Économiser l’équivalent de la moitié de la demande actuelle de gaz naturel.
• Diminuer l’indice de dépendance moyen1 de l’ensemble du bassin de 34 % à 18 % entre 2000 et 2025.
• Réduire l’ensemble des risques et impacts environnementaux liés à la consommation, au transport et à la production d’énergie, notamment en termes d’émissions gazeuses (-25 %) et en particulier de CO 2 et donc participer aux objectifs de Kyoto.
• Créer des emplois dans des secteurs innovants.
• Prolonger la durée de vie des ressources dans les pays producteurs au bénéfice des générations futures.


1Indice de dépendance = [(demande-production)/demande]





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Dernière mise à jour le 16/04/2008