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RAPPORT 2005 SUR L'ENVIRONNEMENT EN MEDITERRANEE
   
STRATEGIE MEDITERRANEENNE POUR LE DEVELOPPEMENT DURABLE
   
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Développement agricole et rural

 

Activités du Plan Bleu

Le Plan Bleu a pour mandat d'effectuer le suivi de la Stratégie Méditerranéenne de Développement Durable (SMDD) et d'approfondir en 2006-2007 et en 2007-2008 le domaine prioritaire "Agriculture et développement rural durable". Pour cela, il a mobilisé ses partenaires régionaux et élaboré un programme d'activités. En savoir plus...

Le thème de l'espace rural a fait l'objet en 2005 d'une analyse approfondie dans le nouveau rapport du Plan Bleu «Méditerranée : les perspectives du Plan Bleu sur l'environnement et le développement ».

Voir également les publications du Plan Bleu sur les thèmes : agriculture, forêts, sols et Montagnes. La question de la forêt fait l'objet du programme Silva Mediterranea : en savoir plus...

 

Constat : surexploitation au Sud, déficit de gestion au Nord

L'espace rural méditerranéen se caractérise par l'opposition entre quelques plaines fertiles et de vastes ensembles montagneux et arides, l’importance des fragilités socio-économiques et environnementales, les écarts croissants de productivité agricole et de revenus entre les deux rives.
Au Nord, la population agricole a chuté de 74 % en 40 ans conduisant à l'abandon de nombreuses zones montagneuses. Le renouveau rural permis par le développement des produits de qualité, de l’agroalimentaire, du tourisme et de l'économie résidentielle, n'a pas empêché une forte dégradation de l'espace et un recul du régime alimentaire méditerranéen. L'étalement urbain, l'abandon et la non-gestion des régions montagneuses ont pour conséquences une dégradation irréversible des paysages méditerranéens, une perte de capital productif et de biodiversité et une vulnérabilité accrue aux inondations et incendies.
Au Sud et à l'Est, malgré l'émigration, les populations agricoles sont passées de 61 à 71 millions entre 1960 et 2000. L'agriculture joue toujours un rôle social et économique décisif, mais avec une pauvreté rurale qui touche aussi plusieurs pays de l'Est Adriatique comme l'Albanie. Des pressions considérables s'exercent sur les ressources naturelles avec pour conséquences la déforestation, la désertification, l'envasement des barrages, le dérèglement des écoulements et la perte irréversible de biodiversité. En Turquie, 1,5 million d'hectares ont été rendus impropres à l'agriculture par salinisation, en Tunisie, les pertes annuelles en terres ont été estimées à 37 000 ha.

 

 


LE CHIFFRE
80 %
Au Sud et à l’Est,
80 % des zones arides ou sèches sont affectées par la
désertification.

 

 

LE GRAPHE
Populations agricoles
totales dans les pays
méditerranéens : rétrospective et
scénario à 2025


Note : les chiffres présentés ici
couvrent l’ensemble des pays
méditerranéens à l’exception de la
partie non méditerranéenne de la
France. Ceci peut expliquer
d’importantes différences avec des
chiffres issus d’autres sources.

 

 

Futur annoncé : risques de ruptures écologiques et sociales

Le scénario tendanciel fait l'hypothèse d'une croissance des phénomènes de sécheresse, d'une libéralisation commerciale des produits agricoles, réciproque mais progressive entre les deux rives, d'une politique agricole commune étendue aux nouveaux pays adhérents de l'UE sans l'être aux autres pays et d'une insuffisance de politiques de développement rural. Dans un tel scénario, la décroissance de la population agricole pourrait demeurer forte au Nord (diminution de plus de moitié d'ici 2025) et s'engager nettement au Sud et à l'Est, les populations rurales se maintenant.
Les principaux risques de ce scénario sont le maintien de la pauvreté rurale au Sud et à l'Est et des dégradations irréversibles accrues des ressources naturelles : épuisement des ressources en eau, désertification, perte de plus de 1,5 million d'hectares de terres agricoles de qualité par l'urbanisation et les infrastructures. Les risques de rupture écologique et sociale dans certains territoires fragiles sont réels. La pauvreté rurale continuerait à limiter le développement des économies nationales dans plusieurs pays.
Une libéralisation plus brutale pourrait comme au Mexique conduire à une paupérisation, un exode rural et une émigration accrues.

 

EXEMPLE DE BONNES PRATIQUES
Le bio et le développement rural intégré redynamisent la Méditerranée


L’Italie est en pointe au niveau
européen et méditerranéen pour l’agriculture biologique avec 1,23 million d’hectares qui lui sont consacrés, soit 11,4 % du total de ses terres arables et cultures permanentes. En Égypte, le groupe Sekem créé en 1977 est devenu en 25 ans un réseau d’entreprises fort de 2000 collaborateurs actifs entre
autres dans l’agriculture biodynamique,
l’artisanat et la pharmacie. Sekem a
aussi impulsé la création de l’Egyptian
Biodynamic Association qui encourage
le développement de l’agriculture biologique sur près de 4000 ha et dans
plus de 400 petites et moyennes exploitations.
En Turquie, le projet Köykent lancé en
juillet 2000 sur 9 villages de la région
de Cavdar a permis de mettre fin à
l’exode rural grâce à une action globale
couvrant la mise à niveau ou création
de services de base et le soutien aux
activités économiques.
Au Maghreb, des premiers projets
fondés sur des approches intégrées, territorialisées et participatives ont montré la possibilité d’agir de façon concrète pour réduire à la fois la pauvreté et la désertification. Ainsi le projet de gestion négociée de l’Oriental marocain a permis, en s’appuyant sur les héritages sociaux des éleveurs en matière de droits d’usage, de restaurer en sept années 450 000 ha de parcours dégradés.

Alternatives : un développement rural durable

La réduction de la pauvreté rurale, la revitalisation des arrière-pays, le développement des marchés intérieurs et internationaux, la sauvegarde des biens publics environnementaux et le maintien des cohésions sociales appellent des stratégies et politiques de développement rural durable.
Le scénario alternatif suppose en particulier une protection des terres agricoles péri-urbaines, une valorisation de la qualité des produits (politiques d’appellation) et des territoires sachant tirer profit de la croissance de la demande internationale et interne en produits typiques et biologiques et en tourisme rural, un renforcement des pôles de service, une meilleure reconnaissance politique des rôles multiples de l'agriculture et de la forêt méditerranéenne et des politiques innovantes de développement rural durable au Sud et à l’Est. Celles-ci conduiront les administrationsà passer à une culture de gouvernance locale et participative.
Le succès de ce scénario implique une intégration des objectifs du développement rural durable dans le partenariat euroméditerranéen et un appui au développement agricole et rural du Sud et de l'Est, accompagné de programmes de coopération décentralisée. La promotion du régime alimentaire méditerranéen, déjà engagée par l'OMS et les pays anglo-saxons afin de limiter le coût social croissant des maladies cardio-vasculaires et de certains cancers, devient un objectif important de la coopération régionale.





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Dernière mise à jour le 16/04/2008