Activités du Plan Bleu
Considéré comme composante environnementale essentielle du système méditerranéen, le « littoral » a fait l’objet de nombreuses études (voir publications) et programmes d’activités au Plan Bleu.
Parmi ces derniers, il faut citer la participation du Plan Bleu dans les Programmes d’Aménagement Côtier (PACs) entrepris dans le cadre d’agrément entre le Plan d’Action pour la Méditerranée et un pays riverain. La contribution du Plan Bleu dans les PACs concerne les apports de l’analyse systémique et prospective dans l’aménagement et la gestion durable des zones côtières méditerranéennes. La participation du Plan Bleu dans les PACs ont concerné et concernent les zones suivantes : la baie de Kastela (Croatie), l’île de Rhodes (Grèce), les régions côtières syriennes (Syrie), Fuka-Matrouh (Egypte), Albanie, Sfax (Tunisie), les zones côtières d’Israel, Malte. En outre, dans le même objectif mais selon un accord direct avec la Turquie, le Plan Bleu a participé à une vaste étude concernant la baie d’Iskenderun (Turquie).
Le principal résultat de toutes ces activités sur les régions côtières montre avec force qu’il n’y a pas de solutions miracles universellement applicables et que la participation de tous les acteurs est essentielle pour la mise en œuvre d’actions aussi bien curatives que préventives.
Les prochaines activités du plan Bleu concernant les régions côtières méditerranéennes comprennent plusieurs aspects :
• Suivi des PACs avec une méthode renouvelée mise actuellement en oeuvre (analyse systémique de durabilité) dans le cadre des PACs de Malte, d'Alger et de Slovénie.
• Approfondissement de la situation démographique et urbaine.
• Affinement du calcul des indicateurs pour le développement durable.
• Les changements d’occupation du sol.
• Nouvel état des lieux et prospective des relations Développement/ Environnement selon les grands problèmes d’ores et déjà identifiés (travaux antérieurs, CMDD,…).
Le thème des régions côtières fait aussi l’objet d’analyses approfondies dans le nouveau rapport du Plan Bleu «Méditerranée : Les perspectives du Plan Bleu sur l'environnement et le développement».
Voir les publications du Plan Bleu sur ce thème.
Constat : les dégradations
irréversibles d’un patrimoine unique
Le littoral, 46 000 km de long, espace convoité du
développement, est un lieu d’implantation obligatoire
ou privilégié pour de nombreuses activités, en même
temps qu’un espace fragile et de grande valeur écologique,
sociale et culturelle. Le cumul des pressions
conduit à une spirale de dégradations de l’environnement
marin et côtier.
• Près de 40% du linéaire côtier est artificialisé.
• 80% du total des pollutions marines est d’origine
tellurique.
• La moitié des villes de plus de 100 000 habitants
n’est pas dotée de stations d’épuration, 60 % des
eaux usées urbaines sont rejetées à la mer sans traitement.
La qualité des eaux de baignade s’est cependant
améliorée dans l’UE.
• L’accumulation des substances toxiques persistantes
(STP) dans les chaînes alimentaires est une
cause d’inquiétude. Des niveaux supérieurs aux
normes de l’OMS ont été mesurés localement.
• Les apports en nitrates ont doublé en 20 ans.
• Les plastiques représentent 75% des déchets trouvés
au fond ou à la surface de la mer.
• Les apports solides à la mer ont diminué de 90% en
50 ans et l’érosion côtière affecte une grande partie
du littoral.
• La pollution opérationnelle d’hydrocarbures qui a
diminué suite à la réglementation se chiffrerait encore
entre 100 000 et 150 000 tonnes par an.
• 500 espèces étrangères à l’écosystème méditerranéen
ont été recensées.
• La dégradation des stocks de plusieurs espèces de
poissons a entraîné des pertes d’emplois dans la pêche.
• Le développement de la navigation de plaisance
concourt au bétonnage des côtes par les ports et marinas,à la pollution par les déchets solides et les rejets
sans traitement dans le milieu marin et à la dégradation
de la végétation marine du fait des mouillages.
• 104 espèces sont considérées en danger dont le
phoque moine et les tortues marines.
• Plusieurs destinations touristiques ont connu des
pertes importantes de revenus.
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LE CHIFFRE
60 %
60 % des eaux usées urbaines sont rejetées à la mer sans traitement.
LE GRAPHE
Population des villes littorales, 1950-2025

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Futur annoncé : saturation du littoral
Le scénario tendanciel annonce une forte croissance
des pressions avec :
• une population des villes côtières passant de 70 millions
en 2000 à 90 millions en 2025,
• 312 millions de touristes dans les régions côtières
contre 175 millions en 2000, une densité touristique
par km de côte qui pourrait tripler au Sud et à l’Est,
• le plus que doublement de la production aquacole
de loups et daurades (passée de moins de 8 000
tonnes en 1990 à 145 000 tonnes en 2000),
• 360 centrales électriques côtières en 2025 contre
200 en 2000,
• plusieurs dizaines de raffineries et établissements
industriels supplémentaires au Sud et à l’Est, peut être
l’équivalent de 175 nouvelles usines de dessalement
d’eau d’une capacité de 6 000 m3
par jour, et de nouveaux
ports, routes et aéroports. Le risque majeur est celui d’une saturation du littoral
et d‘une artificialisation supplémentaire de 4 000 km
de côtes (portant le total à 50 % en 2025).
Le risque tendanciel est aussi le décalage de perspectives
et de moyens entre les pays membres et candidats à l’UE qui vont bénéficier des directives et fonds
communautaires et les autres pays riverains.
Compte tenu de l’âge moyen de la flotte, de sa part en
registre de libre immatriculation, du nombre d’accidents
recensés (311 en 23 ans) et du possible quadruplement
du trafic maritime, le scénario tendanciel annonce aussi
des risques accrus de grandes pollutions accidentelles.
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EXEMPLE DE BONNES PRATIQUES
Le Conservatoire français
du littoral
et l’Agence tunisienne de protection et
d’aménagement du littoral
La France fut le premier pays riverain à
se doter, dès 1975, d’un outil de gestion
spécifique, le “Conservatoire du littoral”,
pour l’acquisition foncière d’espaces
naturels littoraux. En 2003, le
Conservatoire protégeait environ
36 000 ha et 180 km de côte méditer-
ranéenne, (soit 11 % ; 21 % en Corse).
Sans son action, pratiquement aucun
espace “naturel” ne subsisterait plus en
bord de mer en Provence.
La Tunisie dispose depuis 1995 d’une
institution littorale spécifique : l’Agence
de protection et d’aménagement du littoral (APAL). L’APAL gère plus de
700 occupations temporaires le long du
littoral et, en 2000, dix-sept zones naturelles
bénéficiaient du statut de zone sensible
et d’un schéma de gestion, permettant
la protection et la valorisation d’environ
190 km et de 9500 ha de littoral.
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Alternatives : un accord international pour le littoral
• La Convention de Barcelone adoptée en 1975 a permis
de réduire les dégradations mais un renforcement
des outils et des moyens est nécessaire pour atteindre
les objectifs de progrès fixés.
• L’adoption, par les Parties contractantes à la Convention, d’un accord international sur le littoral méditerranéen
(qui prendrait la forme d’un nouveau Protocole
régional) fournirait un signe fort de volonté de changement.
Il permettrait d’engager les pays qui n’en disposent
pas encore à se doter de politiques littorales afin
d’assurer un juste équilibre entre protection et développement,
et une meilleure valorisation du patrimoine.
• Le renforcement des financements privés et publics
pour réduire les pollutions appelle à une meilleure synergie
d’action entre la Convention de Barcelone, le Partenariat
Euroméditerranéen, les pays et bailleurs. Le coût
de mise à niveau des systèmes d’épuration des villes
côtières de plus de 10 000 habitants des pays du Sud et
de l’Est a été estimé à 10 milliards d’euros d’ici 2025.
• L’extension de MARPOL aux produits chimiques et
l’application effective de l’interdiction des pollutions
opérationnelles grâce à une surveillance maritime
menée de façon concertée et à l’équipement des ports
méditerranéens en installations de réception permettrait
une réduction de plus de 90% des rejets polluants. |