Certifié
ISO 9001:2008
Tourisme et développement durable
Activités du Plan Bleu En Méditerranée, le tourisme est un secteur dynamique en termes de croissance économique ; c’est aussi une problématique prioritaire de développement durable eu égard aux enjeux économiques, sociaux et environnementaux qu’il représente. En sa qualité d’observatoire de l’environnement et du développement durable en Méditerranée et de Centres d’Activités Régionales du PNUE/Plan d’Action pour la Méditerranée (PAM), le Plan Bleu a à son actif de nombreuses études et analyses prospectives sur le thème du tourisme aux échelles régionale, nationale et locale. En savoir plus sur les publications tourisme... Le tourisme est d’ailleurs un thème prioritaire du Cadre d’Intervention Stratégique 2007-2015 du Plan Bleu. Actuellement il y a quatre projets en cours:
Programme de travail Tourisme 2009-2011 Le programme de travail Tourisme 2009-2011 du Plan Bleu résulte de la réunion d’experts qui a eu lieu en novembre 2008, suite à l’atelier régional « Promouvoir un tourisme durable en Méditerranée » (juillet 2008). En savoir plus sur ce programme de travail... |
LES CHIFFRES
En 2007, les pays méditerranéens ont reçu 275 millions de touristes internationaux, soit environ 30% du total mondial. À l’horizon 2025, la fréquentation pourrait atteindre 637 millions de touristes dans les pays méditerranéens, dont 312 millions dans les seules régions côtières.
LA CARTE Les destinations touristiques étudiées dans le cadre du projet Profils de durabilité 2009-2011 |
Constat : Le tourisme contribue à la croissance En Méditerranée, le secteur du tourisme et des loisirs est généralement considéré comme la première activité économique de la région. Malgré les difficultés à l’évaluer, l’emploi direct et indirect généré par le tourisme demeure la forme la plus tangible des richesses produites par le secteur : en dépit des nouvelles formes de « dématérialisation », le tourisme reste une activité à haute intensité de main d’œuvre. Néanmoins, les emplois créés dans le secteur du tourisme ne profitent pas tous à la population locale : par exemple, la formation et le recrutement à l’étranger de personnels qualifiés. Le tourisme présente une forte vulnérabilité face aux aléas politiques et économiques de la conjoncture internationale. Les évènements tels que la seconde Intifada (2000) ou les attentas du 11 septembre 2001 expliquent la baisse de l’activité touristique dans les Pays du Sud et de l’Est de la Méditerranée au début des années 2000. Et la crise économique actuelle impacte négativement l’activité touristique : la diminution des parts de marché des pays méditerranéens du Nord n’est pas encore compensée par la progression du tourisme au Sud, à l’Est et dans les Balkans. Les pays méditerranéens, bien qu’ils représentent la première destination touristique mondiale, ne maîtrisent pas pleinement le développement de ce secteur et ses impacts. Le développement du tourisme méditerranéen s’inscrit dans le contexte de la mondialisation définie à la fois comme une internationalisation des flux et comme une concentration horizontale et verticale des opérateurs : progressivement se constituent des opérateurs géants maîtrisant toutes les étapes de la production touristique. En cela, la mondialisation est une source de risques parce qu’elle conduit à la standardisation des produits et favorise les acteurs dominants du marché au détriment des plus faibles. Les grands opérateurs touristiques européens jouent un rôle essentiel dans le développement d’une destination et limitent la marge de manœuvre et la rentabilité des opérateurs locaux. L’opacité concernant la circulation et la distribution des revenus du secteur touristique ne facilite pas la conduite de politiques vers une plus juste distribution des revenus. |
LE CHIFFRE Les recettes du tourisme international ont atteint plus de 208 milliards US$ en 2006 pour l’ensemble des pays méditerranéens, ce qui représente une dépense moyenne de 803 US$ par touriste international.
LE GRAPHIQUE |
Futur annoncé : renforcement des atteintes Les activités touristiques induisent deux séries d’impacts sur l’environnement : ceux liés aux déplacements et ceux liés aux séjours. Les impacts environnementaux du tourisme sont accentués par leur concentration saisonnière (été et vacances scolaires) et spatiale (littoral, montagne, certaines villes, quelques grands sites). A terme, ces impacts peuvent être à l’origine d’une baisse d’attractivité des destinations. L’analyse des impacts liés aux déplacements touristiques montre que ces flux représentent une source importante de pollution. Les activités touristiques en Méditerranée restent fortement dépendantes du transport aérien, notamment pour les PSEM et pour les territoires insulaires. Néanmoins, le tourisme international en Méditerranée présente un fort caractère sous-régional qui s’appuie sur la proximité : en 2006, les Algériens et les Libyens représentent 37% des touristes en Tunisie ; en Turquie, 30% des touristes viennent d’Europe centrale et orientale ; en Italie, 40% des touristes arrivent d’Allemagne, de France et d’Autriche ; en Slovénie, 43% des touristes proviennent de Hongrie, d’Autriche, d’Italie et de Croatie. Ce tourisme de proximité privilégie l’utilisation des modes de transports terrestres, la route se taillant la part du lion. Privilégiant l’avion et l’automobile, ces évolutions participent à l’augmentation de la pollution atmosphérique et aux émissions de GES. Compte tenu de la prédominance du tourisme de proximité, des alternatives « rail et bus » pourraient être mises en œuvre afin d’inciter les touristes à utiliser des transports moins énergivores. Un tel report modal nécessitera de développer de nouvelles stratégies de déplacement, par exemple à travers une plus grande utilisation du réseau ferré. L’analyse des impacts environnementaux liés aux séjours touristiques montre que le tourisme méditerranéen étant très largement balnéaire, les installations construites sur le littoral contribuent à l’artificialisation des côtes, à la transformation du paysage et à la perte d’espaces naturels et de biodiversité. Le développement de la navigation de plaisance concourt aussi à amplifier ces phénomènes par la construction de ports et de marinas fortement consommatrices d’espaces. Il existe d’autres impacts négatifs de cette activité en croissance : la destruction des petits fonds, la perturbation de la dynamique des courants côtiers et la pollution chimique et bactériologique. Enfin, le caractère saisonnier et balnéaire du tourisme méditerranéen entraîne de fortes densités de population sur les lieux de vacances, ce qui génère des pressions sur les ressources en eau et les milieux naturels, des pics de consommation d’énergie, ainsi qu’une augmentation de la production de déchets. A cela il faut ajouter, les impacts sociaux du tourisme : sensation d’envahissement estival, inflation et envolée des prix de l’immobilier, « chocs culturels », autant d’éléments qui peuvent générer des tensions entre les touristes et les populations locales. |
LES CHIFFRES Le transport aérien progresse significativement pour les flux touristiques en Méditerranée :
LES GRAPHIQUES Répartition des arrivées
Distance moyenne entre les ports de plaisance des pays méditerranéens, 2008 (en km) |
Alternatives : La diversification du tourisme et la mise Le développement durable du tourisme méditerranéen passe par la diversification de l’offre touristique en valorisant la diversité méditerranéenne : écotourisme, tourisme culturel, urbain et rural. Cette diversification passera par la progression de l’offre non-balnéaire qui, selon les objectifs de la SMDD, pourrait détourner un tiers des flux de touristes orientés vers le littoral. En Italie, l’offre non-balnéaire représentait en 2004 environ 42% des lits touristiques. En Israël, où l’essentiel des entrées de touristes est liée aux pèlerinages et aux visites à la famille, l’offre non-balnéaire est prédominante : 77% en 2004. à l’opposé, l’offre non-balnéaire demeure insignifiante dans de nombreuses destinations insulaires : à Malte, elle était de 3,8% en 2005. La fréquentation des aires naturelles protégées augmente au cours des années. L’enjeu est de pouvoir valoriser l’attractivité touristique d’une aire protégée en minimisant les répercutions sur les écosystèmes et en évitant de générer des impacts environnementaux multiples. La question posée est la suivante : quelle compatibilité entre mise en valeur touristique d’espaces protégés et la protection de ces mêmes espaces ? En plus de la diversification spatiale du tourisme au profit des destinations non-balnéaires, une alternative consisterait à réduire le caractère saisonnier du tourisme, dans l’objectif de maîtriser les impacts environnementaux concentrés sur quelques semaines dans l’année. La saisonnalité, du point de vue de la demande, dépend des motifs et attentes des touristes ; en Europe, l’organisation des rythmes scolaires renforce la fréquentation estivale. Or ces deux composantes spatiale et temporelle sont couplées : les pays ou destinations ayant réussi à diversifier leur offre arrivent à mieux répartir leur fréquentation touristique sur l’ensemble de l’année. C’est le cas par exemple de la Côte d’Azur en France, notamment grâce au tourisme d’affaire, de salons et de festivals, même si la saisonnalité du tourisme y reste très forte. Pour en savoir plus : Télécharger le chapitre "Tourisme" de l'Etat de l'environnement et du développement en Méditerranée 2009 |
LES GRAPHIQUES Répartition des lits touristiques en Slovénie
Répartition des hôtels et chambres par catégorie sur la Côte d’Azur |
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