Activités du Plan Bleu
La Commission Méditerranéenne du Développement Durable a fait de la gestion des villes l'un des thèmes de réflexion prioritaires pour la période 1998-2001. Un groupe de travail a été constitué, animé par le réseau MedCités, l'Egypte et la Turquie. Le Plan Bleu est impliqué dans ce programme comme centre support, aux côtés du Programme d'Actions Prioritaires (PAP). Les propositions et recommandations de la CMDD concernant "la gestion des villes et le développement durable" ont été adoptées par les Parties Contractantes à la Convention de Barcelone, en novembre 2001, à Monaco.
Une "campagne" de sensibilisation est en cours pour intéresser les maires et autorités d'environ 100 villes méditerranéennes à ce travail de réflexion commune et au renforcement de la coopération régionale sur le thème de la ville. Un document de travail préparé par le Plan Bleu, présente un premier constat des enjeux de développement urbain/environnement en région méditerranéenne.
Le programme de travail inclut également des études thématiques et des études nationales sur quelques questions prioritaires. Ces différentes actions devraient permettre de :
- Mieux cerner les transformations et impacts économiques, environnementaux, socio-spatiaux de la croissance des villes en Méditerranée.
- Identifier des études de cas intéressantes de gestion urbaine.
- Définir des actions à promouvoir au niveau de la coopération régionale (Euro-Méditerranéenne) et dans les différents pays aux échelles pertinentes (nationale, sub-nationale, locale) pour une meilleure prise en compte du rôle des villes dans le développement durable.
Une réunion du groupe « Gestion des villes et développement durable » de la CMDD, organisée par le Plan Bleu et le Programme d'Actions Prioritaires, a eu lieu à Barcelone, du 3 au 5 septembre 2001, en présence de représentants des états, des villes, d’ONG méditerranéennes et de nombreux experts. Plusieurs documents (analyses régionales et sous-régionales, études de cas…) avaient été réalisés avant cette réunion pour aider le groupe à s’accorder sur un constat et des propositions.
L’espace urbain fait aussi l’objet d’une analyse approfondie dans le nouveau rapport PNUE/PAM-Plan Bleu : Etat de l'environnement et du développement en Méditerranée - 2009.
Voir les publications du Plan Bleu sur ce thème.
Constat : des
sociétés majoritairement urbaines
La population urbaine de l’ensemble des pays riverains
est passée de 94 millions en 1950 (44 % de la
population) à 274 millions en 2000 (64 %). Les taux
d’urbanisation sur les deux rives convergent mais les dynamiques urbaines demeurent différentes.
Rive nord
• Baisse de la population des centres-villes, dispersion
de la population et de l’emploi, étalement urbain, artificialisation
croissante des espaces avec pertes des
terres agricoles : 107 ha/an à Marseille, 62 ha/an à
Nicosie, 276 ha/an à Padoue/Venise-Mestre.
• Augmentation de la longueur des déplacements
quotidiens motorisés.
• Les volumes de déchets des ménages sont en très
forte croissance, jusqu’à une tonne par an et par habitantà Monaco.
Au Sud et à l’Est
• Vigueur de la croissance urbaine sans réel développementéconomique
• Grande jeunesse des populations urbaines avec plus
d’un tiers des jeunes au chômage dans plusieurs pays.
• Expansion des zones urbaines avec multiplication
des zones d’habitat informel (entre 30 et 60 % des
citadins).
• Niveaux de motorisation individuelle relativement
faibles (124 voitures pour 1000 habitants en 2003)
mais les déplacements en bus et voiture sont en hausse
depuis 20 ans.
• Volume des déchets ménagers en forte croissance,
plus de 80 % des décharges non contrôlées.
• Capacités techniques et financières des villes limitées.
|
LE CHIFFRE
100
En 2025 : 100
millions d’urbains de
plus dans les pays
du Sud et de l’Est
LA CARTE
Agglomérations de 10 000 habitants et plus

|
Futur annoncé : plus de déchets,
de pollutions
et d’étalement
urbains
Vers 2025, 75 % des populations des pays méditerranéens
seront urbaines (380 millions).
• Au Sud et à l’Est, la décélération récente de la croissance
démographique ne se fera sentir pleinement
qu’après 2030 – voire 2040. En 2025 la population
urbaine serait de 243 millions, soit environ 100 millions
d’urbains de plus qu’en 2000, dont un gros tiers
dans les agglomérations des régions côtières méditerranéennes
et une concentration accrue dans les métropoles.
• Au Sud, “transition automobile” : vers 2010, encore
plus au-delà, les déplacements en voiture deviendraient
plus importants (8 km/hab/jour) que ceux en
bus (7 km/hab/jour). La croissance des trafics, l’âge
du parc de véhicules et sa diésélisation (notamment
bus) continueront à dégrader la qualité de l’air en
ville, avec des risques d’augmentation importante des
pathologies respiratoires.
• Au Nord : poursuite de l’étalement urbain, augmentation
des trafics motorisés, aggravation de la
pollution de l’air localement et de la contribution des
agglomérations à l’effet de serre.
• Au Sud, les volumes de déchets produits
(587 kg/hab/an en 2025 contre 282 en 2000) deviendront
difficiles à gérer. Au Nord, le volume de déchets
atteindrait une tonne/hab/an en 2025 contre
566 kg/hab/an en 2000.
|
EXEMPLE DE BONNES PRATIQUES
Régénération et renouvellement urbains à Barcelone,
Naples et Alep
À Barcelone, les Jeux Olympiques de
1992 ont servi à impulser une politique
urbaine d’envergure, à l’échelle métropolitaine. Les grands chantiers ont porté
sur l’amélioration et l’extension des
infrastructures, la rénovation de la
vieille ville, la requalification de la périphérie
et la très emblématique récupération
de la façade maritime. Trois Plans
stratégiques successifs mis en oeuvre
depuis 1988 ont mobilisé près de 200
institutions d’horizons divers. La population
s’est reconnue dans l’image de la
ville et a soutenu le processus.
À Naples, les politiques conduites
depuis 1993 visent à revaloriser son
centre et à substituer aux bases industrielles
et portuaires en crise, un nouveau
développement fondé sur les ressources
patrimoniales, culturelles et
touristiques. L’articulation entre la
ville et le port (5 km d’interface) a été
l’objet d’un travail en commun entre
les autorités portuaires et communales
dans la zone portuaire occidentale :
Naples a pu redevenir une destination
touristique prisée. Les transformations
sont menées dans un contexte de
rigueur budgétaire.
La ville d’Alep, deuxième agglomération
de Syrie compte 2,7 millions d’habitants.
Sa citadelle (400 ha, 120 000
habitants) du XIe
siècle, classée au
patrimoine mondial de l’Unesco fait
l’objet d’un programme de réhabilitation
de son habitat spécifique depuis les
années 1980. Le schéma de développement
de la vieille ville de 2001 vise une
meilleure articulation entre l’agglomération
et la réhabilitation du coeur ancien.
|
Alternatives : réinventer la
ville méditerranéenne
Au Nord comme au Sud, la maîtrise de l’étalement
urbain, l’amélioration du cadre de vie dans les villes,
la promotion de modes de vie moins gaspilleurs et
moins pollueurs, et une dynamisation de l’économie
urbaine valorisant le patrimoine et le système de vie
méditerranéen constituent des objectifs majeurs pour
changer de scénario.
1. Aménagement du territoire et développement
régional pour contrer la concentration excessive dans
les grandes villes.
2. Renouer avec le modèle méditerranéen de ville
mixte et compacte et dynamiser l’économie urbaine :
• Multiplier les opérations de régénération et de
renouvellement urbains ;
• Adopter une planification croisée des transports et
de l’aménagement urbain ;
• Valoriser les patrimoines historiques et culturels.
3. Réduction des impacts sur l’environnement :
• Renforcement et développement soutenu des transports
collectifs non polluants ; limitation de la circulation
de véhicules individuels dans les centres-villes
; utilisation de carburants moins polluants ;
• Réduction à la source des volumes de déchets produits
et généralisation du recyclage. |